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Publié le 13 Septembre 2017

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #NEWS CGT

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Publié le 12 Septembre 2017

C’est la première question que se posent des milliers de salariés. Voici quelques arguments qui permettent d’apporter une réponse concrète :

 

Sur le plan PERSONNEL :

 

• Tu n’es plus seul ou isolé et tu fais partie d’un groupe de collègues qui sont solidaires et fraternels. Tu es épaulé, écouté, rassuré et soutenu par les délégués et le syndicat. Ensemble, nous montrons qu’il est possible de se faire entendre et de balayer le fatalisme.

 

• Tu es conseillé et défendu prioritairement. Le syndicat t’aide et t’accompagne dans tes démarches (pour résoudre tes problèmes quotidiens dans l’entreprise, t’assister face à l’employeur ou ta hiérarchie, en cas de licenciement…).

 

Tu bénéficies de l’aide juridique du syndicat et en cas de litige avec ton employeur, nous mettons à ta disposition nos avocats spécialisés en droit du travail

 

• Tu acquiers un poids supplémentaire face à l’employeur ou à ta hiérarchie. Tu n’es plus obligé de subir un management agressif ou être victime de harcèlement. Avec le syndicat, tu regagnes de la dignité.

 

• Tu es informé sur tes droits, ta convention collective, le Code du travail mais aussi sur l’actualité sociale nationale ou de la profession (publications, courriels, fiches, fonds documentaires…). Tu es informé pour mieux agir et tu connais mieux tes droits. Tu comprends aussi mieux les enjeux d’une négociation.

 

• Tu es consulté pendant la négociation et avant la signature d’un accord dans l’entreprise.

 

• Tu peux t’exprimer, donner ton avis sur les revendications à défendre ainsi que sur l’activité et les orientations du syndicat.

 

• Tu peux participer aux réunions des adhérents, témoigner et confronter ton point de vue.

 

• Tu peux être acteur de la vie sociale dans l’entreprise, dans la branche ou au niveau national.

 

• Tu bénéficies d’un crédit d’impôt de 66 % sur les cotisations versées au syndicat (exemple : 18 euros versés par mois te coûtent, après déclaration des impôts, seulement 6 euros).

 

• Tu as accès à la formation syndicale : les syndiqués bénéficient tous les ans de 12 jours de formation sans perte de salaire. Toutefois le total des jours d’absence annuel dans une entreprise est limité (par exemple : 36 jours pour 50 salariés et 60 jours pour 100 salariés). La CGT revendique l’augmentation de ces droits. (dans la limite de l’enveloppe de 0,08 pour mille du montant des salaires payés pendant l’année).

 

• Tu bénéficies des moyens du syndicat pour tes démarches (téléphone, fax, ordinateur, copies…) dans les locaux du syndicat.

 

• Tu peux être mandaté par le syndicat ou siéger dans les instances (ex : délégué syndical, représentant syndical du comité d’entreprise, du CHSCT ou dans des instances de la formation professionnelle, de la protection sociale…).

 

• Tu élargis ton réseau personnel et professionnel en faisant la connaissance d’autres collègues, élus ou mandatés dans des entreprises du secteur.

 

• Tu développes l’esprit critique contre la pensée unique ou l’idéologie patronale (prônant le libéralisme, l’individualisme ou la culture du profit à n’importe quel prix).

 

Sur le plan COLLECTIF :

 

• Permet de décrypter les projets de la direction et d’analyser les évolutions sociales ou sectorielles. Ainsi, le syndicat permet d’y voir plus clair et de comprendre l’enjeu des négociations.

 

• Représenter les salariés dans différentes instances et défendre activement leurs intérêts dans des négociations (salaires, formation, conditions de travail, santé, prévoyance, égalité femmes-hommes, retraites, loisirs et culture…).

 

• Permet de défendre des valeurs et agir pour la liberté, l’égalité, la justice, la paix, la solidarité, le bien-être au travail, les droits de l’homme, l’environnement, mais aussi contre les discriminations, le racisme, la xénophobie, l’individualisme…).

 

• Permet de construire l’activité syndicale dans l’entreprise, définir les revendications et organiser des rendez-vous collectifs sous la responsabilité du syndicat (rassemblement, mobilisation, manifestation, sit-in, flash mob…).

 

• Permet de mutualiser les moyens pour avoir des responsables ou permanents chargés de coordonner, animer, soutenir, conseiller les équipes syndicales.

 

• Défendre et faire évoluer nos métiers, nos professions, nos statuts, nos qualifications et nos prérogatives professionnelles.

 

• Permet de soutenir et financer les activités du syndicat (locaux, fonctionnement, communication, action juridique, mobilisations, aide aux sections syndicales, aux adhérents…).

 

• Améliorer le rapport de force dans l’entreprise jusqu’au niveau national (le syndicat est un contre-pouvoir.

 

• Permet de défendre d’autres choix que ceux imposés par la direction en formulant des propositions alternatives.

 

• Donne plus de poids pour défendre les intérêts de tous les salariés lors des négociations dans les instances représentatives du personnel à l’entreprise, dans les instances paritaires, les organismes sociaux pour négocier des accords collectifs…).

 

• En cas de litiges collectifs, le syndicat mandate ses avocats et assure tous les frais liés à une procédure juridique.

 

• Permet au syndicat de développer et d’organiser la solidarité entre les salariés des entreprises d’un même groupe ou de la profession.

 

• Organiser la solidarité financière du syndicat en cas de conflit dur dans une entreprise où il est implanté.

 

Droit à l’information

La CGT dispose d’une presse confédérale dont l’objectif est d’être utile à la réflexion de chacun-e pour se forger son opinion, participer à l’échange collectif pour décider ensemble.

 

Ouverte sur le monde du travail, utile pour solidariser les intérêts de tous, construire les luttes qui unissent au plan local et national, européen et mondial.
Ensemble, mensuel adressé à l’ensemble des adhérents de la CGT.


La Nouvelle Vie ouvrière, hebdomadaire d’actualités, pour tous les syndiqué-e-s.


Options, mensuel pour les ingénieurs, cadres, techniciens.


- Vie Nouvelle, 6 numéros par an pour les retraités.

 

Nos journaux

 

Pourquoi une cotisation syndicale ?

La cotisation syndicale versée régulièrement par le syndiqué matérialise son appartenance à la CGT et constitue un élément vital au financement de l’activité de toute la CGT, du syndicat qui mène l’action à l’entreprise jusqu’à la Confédération. Elle garantit son indépendance à l’égard du patronat et des pouvoirs publics.

 

De combien ?

La cotisation fixée statutairement à 1 % du salaire net est un principe d’égalité. Chaque adhérent cotise proportionnellement à ses revenus.

Pour une gestion pratique et régulière, la CGT, ses organisations pratiquent et encouragent le prélèvement automatique des cotisations syndicales.

 

 

 

 

 

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Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #ADHEREZ A LA CGT, #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #Droit des salariés

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Publié le 9 Septembre 2017

Loi Travail XXL : Mailly et Berger reçus en secret par Macron et Pénicaud

Dans son Canard du mercredi 6 septembre, le palmipède révèle les liaisons dangereuses – et secrètes - de Jean-Claude Mailly et Laurent Berger avec le gouvernement. Bien loin de la prétendue « transparence » des concertations, le secrétaire général de Force Ouvrière a notamment été invité à l’Elysée pour rassurer un Macron inquiet de l’appel de fédération FO à manifester le 12 septembre.

S’il y a une chose que Jean-Claude Mailly n’a pas apprécié avec Hollande et pendant le passage de la loi El Khomri, c’est bien d’être évincé des discussions avec le gouvernement, qui les menait en collaboration étroite avec la CFDT. Mais lui qui dénonçait le manque de transparence et l’absence de dialogue social avec la loi El Khomri, s’est dit « écouté » et « prêt à discuter » avec Macron et sa loi travail XXL pendant l’été. Tout un changement pour la conf’ qui est devenu l’interlocuteur n°1 du gouvernement parmi les confédérations représentantes des salariés. Forte de cette nouvelle position et contrairement à son attitude au printemps 2016, la centrale Force Ouvrière n’appelle pas à manifester le 12 septembre aux côtés de la CGT contre les ordonnances du gouvernement. Mais ce n’est pas le cas de certaines Fédérations et UD de Force Ouvrière, bien remontées, et qui seront en grève et défileront mardi prochain.

« Nous ne sommes plus dans le même contexte » a dit Mailly. Une affirmation qui prend tout son sens pour le secrétaire général lorsque c’est lui-même l’invité informel du gouvernement. Et si Emmanuel Macron l’invite, le 28 aout, à l’Elysée, c’est bien pour s’assurer que la centrale maintiendra sa position vis-à-vis du 12 et qu’elle saura calmer les « grognons » qui comptent lutter contre sa casse du droit du travail, résume le Canard Enchainé. Tiens la base Mailly ! Ou bien…

Mais au jeu du « qui sera le premier », le gouvernement entretient les rivalités. Le Canard enchaine sur la révélation d’un second entretien secret de Mailly, le soir même du 28 aout, avec Muriel Pénicaud cette fois, au ministère du travail, mais en présence de Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT. La mise en concurrence, ça Pénicaud, elle connait. Des travailleurs comme des bureaucrates syndicaux. Juste de quoi menacer Mailly de perdre sa place d’interlocuteur privilégié et s’assurer qu’il ne retourne sa veste, qu’une fois les ordonnances et les mobilisations passées.

http://www.revolutionpermanente.fr/Loi-Travail-XXL-Mailly-et-Berger-recus-en-secret-par-Macron-et-Penicaud

 
 

 

 

 
 

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Publié le 9 Septembre 2017

Suite aux ordonnances de Macron et de son gouvernement dont l'objectif et de facilités les licenciements, détruire tous les acquis sociaux des salariés, retraités et chômeurs.

En 1936, nos grands parents ou parents se sont mobilisés avec la CGT et ont obtenus 2 semaines de congés payés et des augmentations des salaires, l'heure et au rassemblement, ils nous faut construire une rapport de force d'une grande ampleur pour renverser ce gouvernement qui après la destruction du code du travail va s'attaquer aux retraites, la sécurité sociale, les indemnités de chômage, etc...

Ce gouvernement na aucune légitimité il ne représente que 12% de la population, de plus il ne sert que les intérêts des plus riches. 

 le 12 septembre 2017, des manifestations auront lieu dans toutes les régions de FRANCE, soyons nombreux, pour notre avenir et celui de nos enfants.

la CGT Carrefour Supply Chain appel tous les salariés de Csc et des autres entreprises à se mobiliser

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Publié dans #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #NEWS CGT

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Publié le 9 Septembre 2017

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Publié le 6 Septembre 2017

LE PETIT CHEF DANS NOTRE MONDE DU TRAVAIL

 

Votre chef est-il un "petit chef" ou "chefaillon"

 

Nous devons ce terme de « petit chef » à l’armée. Ceux qui étaient appelés ainsi, étaient en général les « petits gradés » qui croyaient acquérir; le respect de leurs subordonnés par la crainte, et celui de leurs supérieurs par le zèle; en étant le plus pointilleux possible.

Malheureusement les petits chefs sont désormais présents partout, on a même l’impression que tout est fait pour favoriser leur essor dans certaines entreprises. Dans certaines boîtes on les appelle des chefaillons.

Il est intéressant d’étudier ce qu’est un petit chef car il est potentiellement très dangereux pour l’entreprise. Il est souvent adepte du harcèlement et ses pratiques peuvent avoir des conséquences néfastes sur la motivation de ses subordonnés et donc sur la productivité de l’entreprise. Les dirigeants d’entreprise auraient donc tout intérêt à les identifier le plus rapidement possible.

Je vous propose ici une définition du petit chef en me reposant sur des observations que j’ai pu faire dans les entreprises où j’ai travaillées.

 

Le petit chef est incompétent : soit il est un excellent technicien qui a été promu pour cette raison, au détriment de son incompétence managériale. Soit il est tout simplement nul dans son travail mais c’est lui qu’on fait monter en grade, car ses collègues compétents sont bien trops productifs à leur poste pour le quitter.

 

Le petit chef est spécialiste en tout : Il préférera soutenir que la Terre est plate, plutôt que de reconnaître qu’une équipe est constituée de compétences complémentaires et donc d’admettre qu’un de ses subordonnés peut mieux maîtriser un sujet que lui. C’est une caractéristique que le célèbre déssinateur Cabu a mis en exergue dans son personnage du « beauf ».

 

Le petit chef est avare de compliments : il n’a pas compris ce que n’importe quel coach sportif sait : « tu n’obtiendras aucun résultat de quelqu'un sans lui apporter de la confiance en lui ». Etant donné qu’il est souvent moyennement compétent, il est plus facile pour lui de tirer les collaborateurs vers lui en les rabaissant plutôt que de s’élever au moins à leur niveau.

 

Le petit chef maîtrise le « flou artistique » : Si pour une raison X ou Y, le travail fourni par le subordonné ne correspond pas aux besoins de l’entreprise, pas de soucis, le petit chef n’aura qu’à expliquer que c’est son gars qui n’a pas suivi les directives ou qui ne comprend rien. Pour cela le petit chef donne des objectifs « ésotériques » à la Nostradamus à interprétations multiples.

 

Le petit chef est zélé et mesquin : autant il ne voit pas ce qui va, mais il ne manquera pas de vous faire remarquer que vous êtes arrivés ce matin à 08h10 au lieu de 08h00, même si ce n’est pas dans vos habitudes.

 

Le petit chef n’a pas d’empathie mais il essaie d’en avoir un peu : Il se fichera éperdument que vous soyez arrivés en retard à cause d’une grève des transports ou d’intempéries. Par contre il cherchera à se montrer grand seigneur en vous présentant des condoléances fleuves si vous êtes en deuil. Comme le petit chef n’a pas d’empathie, il ne saura pas faire et rouvrira des plaies à grands coups de violons plutôt que de vous réchauffer le cœur.

 

Le petit chef divise pour mieux régner : Il sait casser du sucre dans le dos de tout le monde, ce qui est source de tensions. Il se comporte aussi de manière visiblement injuste avec les différents membres de son équipe.

 

Le petit chef n’est jamais responsable des fautes : Si une boulette est commise dans son service, ce sera de la faute du lampiste de service (le lampiste est un terme venant des cheminots qui désigne l’archétype de l’employé le plus humble, qui est toujours désigné responsable des pires catastrophes).

 

Le petit chef aime les lauriers : si un collaborateur lui propose une bonne idée, soit il commencera par dire que c’est nul et l’appliquera en douce quelques mois plus tard en la prenant à son compte. Soit il laissera le collaborateur faire, si c’est une réussite il dira que c’était son idée, s’il échoue il dira bien sûr je l’avais dit.

 

Le petit chef est jaloux : il préféra torpiller un projet innovant profitable à l’ensemble de l’entreprise, si l’auteur du projet peut lui faire de l’ombre.

 

Le petit chef monte en grade : vu qu’il est difficile de promouvoir les salariés bons dans leur poste en raison de la difficulté de les remplacer, on préférera promouvoir les petits chefs facilement remplaçables.

 

Le petit chef est dangereux : ses pratiques frôlent souvent les limites du harcèlement, voir les dépassent.

 

Le petit chef connait Caliméro: si un petit chef est détecté et sanctionné pour dégradation des conditions de travail, il ne se remettra pas en question et pensera que ce qui lui arrive est vraiment trop injuste.

 

Le petit chef est une sorte d’idiot utile : le petit chef est persuadé qu’il doit son poste à ses capacités de manager, cependant, malgré que ses piètres performances en ce domaine soient connues de l'ensemble de l'entreprise, il peut être très utile pour la direction. En effet comme le petit chef est souvent détesté il peut servir de bouclier en cas de conflits sociaux, la rage des salariés se catalysant en priorité vers les petits chefs.

 

 

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Publié le 5 Septembre 2017

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Publié le 5 Septembre 2017

>Politique|A.R. avec AFP|25 août 2017, 10h36 | MAJ : 25 août 2017, 11h53|22
En réponse au président Macron, Philippe Martinez estime ce vendredi matin que «c'est lui le conservateur !»(Capture écran BFM TV.)
 

 

Le numéro un de la CGT a réagi ce vendredi au commentaire du chef de l'Etat, qui avait estimé la veille que «les Français détestent les réformes».

«Les Français détestent les réformes.» La petite phrase d'Emmanuel Macron devant la communauté française de Bucarest (Roumanie), jeudi soir, fait réagir. Invité ce jeudi de BFM TV, le numéro 1 de la CGT, Philippe Martinez, a estimé que ce n'était «pas la première fois» que le président de la République considérait les Français comme «des imbéciles». Une maladresse remarquée en pleine présentation aux syndicats de la première mouture de la réforme du Code du Travail.

 

«Ca veut dire que les Français, quand on leur propose une réforme, ils sont trop bêtes pour comprendre ce qu'on leur propose», a regretté Philippe Martinez. «Les Français refusent les mauvaises réformes», a-t-il insisté, corrigeant les propos du président.

 

VIDEO. Martinez (CGT) : Macron «pense que les Français sont des imbéciles»

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Publié le 5 Septembre 2017

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Publié le 5 Septembre 2017

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Publié le 5 Septembre 2017

Mardi 12 septembre : grève et manifestation contre les projets de Macron, une loi Travail N°2

Loi travail 2... Ordonnances ou pas... ON N’EN VEUT PAS !!!

On comprend mieux pourquoi le calendrier annoncé par Emmanuel Macron prévoyait d’attendre après les législatives pour dévoiler le contenu des ordonnances sur le droit du travail : il est explosif.

Le projet fuité va bien au-delà des éléments annoncés publiquement jusqu’ici. Il s'attaque notamment au contrat de travail, aux salaires, et à la santé et la sécurité au travail.

Mais le gouvernement ne dévoile pas l'ensemble du contenu qu'il souhaite modifier et c'est même un objectif assumé pour "ne pas courir le risque de contraintes insurmontables au stade de la rédaction des ordonnances".

Les sujets listés sont beaucoup plus larges que prévu et lui donnent une marge de manœuvre inédite pour modifier la quasi-totalité des droits des salariés en catimini pendant l'été. Les mesures qui concerneraient directement les Ingés, cadres et tech sont nombreuses : salaires tirés vers le bas, télétravail, plafonnement des indemnités prudhommes… 

L'Ugict, CGT Ingés Cadres Techs, publie ici un décryptage détaillée de ces 8 ordonnances qu'Emmanuel Macron aurait préféré ne pas dévoiler avant les législatives.

 

La méthode : les ordonnances

Le projet de loi rendu public est celui qui va autoriser le gouvernement à légiférer par ordonnances sur un certain nombre de sujets. Le gouvernement est tenu de préciser dans son projet de loi les sujets sur lesquels il veut réformer par ordonnances, et le calendrier. Une fois la loi d'habilitation votée, il dispose d'un délai pour préparer ses ordonnances et les soumettre au parlement pour ratification. Sans attendre la ratification du Parlement, elles s'appliquent immédiatement.

Ici, le choix retenu laisse la marge de manœuvre la plus importante au gouvernement avec :

  • un nombre de thèmes très élevé
  • un contenu très large, le projet de loi précisant que contrairement à la loi El Khomri, ces dispositions supplétives peuvent être en deçà des droits actuels.
  • un calendrier potentiellement long, pouvant laisser jusqu'à 1 an au gouvernement pour légiférer sans débat avec le parlement.

8 sujets listés, qui donneront chacun lieu à une ordonnance soumise à ratification par le parlement

⁃ Renvoyer à l'entreprise de nouveaux sujets, la loi ne définissant plus que des dispositions supplétives, s'appliquant en l'absence d'accord. La liste de ces sujets est très longue, et couvre y compris des thèmes pour lesquels la loi, grâce à la mobilisation de l'année dernière, prévoyait qu'il était impossible de déroger par accord d'entreprise : le contrat de travail, le temps de travail, les salaires, la santé et la sécurité, et l’emploi

  • Plafonner les indemnités prudhommes en cas de licenciement abusif, sans aucune précision sur le montant du plafond [ Voir le détail ↓ ]
  • Etendre le référendum pour permettre l'adoption d'un accord contre l'avis des syndicats majoritaires. Les référendums introduits par la loi El Khomri ne pouvaient jusque là qu'être utilisés par les syndicats, l'employeur pourra désormais en déclencher Voir le détail ↓ ]
  • Redéfinir le rôle de l'accord de branche et réduire leur nombre Voir le détail ↓ ]
  • La "simplification" des institutions représentatives du personnel et la fusion entre délégué du personnel, CHSCT et comité d'entreprise dans une instance unique. Le projet va plus loin que prévu et prévoit à titre expérimental de fusionner aussi le Délégué Syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer les moyens du dialogue social avec des moyens en formation et en temps supplémentaire, et l'introduction d'une forme de chèque syndical [ Voir le détail ↓ ]
  • Renforcer le pouvoir des Conseils d'Administration et "inciter" à une meilleure représentation des salariés dans les CA [ Voir le détail ↓ ]
  • Réformer l'assurance chômage  [ Voir le détail ↓ ]

 

L'argumentation "politique" : les droits des salariés seraient responsables du chômage et de la précarité

La réforme s'inscrit dans la droite ligne de la loi El Khomri et des arguments mille fois entendus mais jamais démontrés qui font de l'excessive protection des salariés en CDI la source du chômage de masse et de la précarité. Aucune étude économique n'ayant jamais fait le lien entre baisse des protections des salariés et création d'emploi, l'exposé des motifs se garde bien de citer le moindre chiffre. La stratégie affichée, pour éviter comme l'année dernière de focaliser le débat sur la réforme du code du travail, est de la présenter en même temps que la réforme de l'assurance chômage et de la formation professionnelle, de façon à afficher une sorte de "flexi sécurité" à la française. C'est ce qui explique que le projet envisage d'intégrer la réforme de l'assurance chômage aux ordonnances, contrairement à ce qui était annoncé dans le programme d'Emmanuel Macron.

Alors que depuis 2013, 4 réformes du code du travail ont été menées – loi dite « sécurisation de l’emploi », loi Rebsamen, loi Macron, loi El Khomri – ayant toutes en commun de faire reculer les droits des salarié-es, aucune évaluation n’est prévue. Elles devaient pourtant créer de l’emploi, dommage que l’on ne vérifie pas que les résultats sont atteints…Surtout, elles commencent à peine à s’appliquer, et causent sur le terrain une pagaille généralisée. 

Quand on prétend simplifier, c’est quand même étonnant de multiplier les réformes non ? 

  

La possibilité de réviser l'ensemble des droits à la baisse

Suite à la mobilisation, le gouvernement a été obligé de modifier la loi El Khomri l'année dernière. Dans la première version de son projet de loi, les règles supplétives ne correspondaient pas au contenu actuel du droit du travail. Par exemple, ils prévoyaient d'augmenter les durées maximum de travail (notamment pour les apprentis mineurs, le travail de nuit...).

Le projet d'ordonnance Macron précise dans une discrète note de bas de page, que contrairement à la loi El Khomri, les règles supplétives ne seront pas à droit constant. Ceci signifie que le gouvernement pourra, sur l'ensemble des sujets, revoir nos droits à la baisse !

 

Ordonnance 1 : le renvoi à l’entreprise de la quasi-totalité des droits : la généralisation du dumping 

La loi El Khomri a réécrit la partie du code du travail portant sur le temps de travail, en renvoyant à la négociation d'entreprise de nombreuses questions qui étaient jusque là définies dans la loi. C'est le cas par exemple des heures supplémentaires, qui devaient auparavant être rémunérées partout avec une majoration de 25% puis 50%. Désormais, un accord d'entreprise ou de branche peut prévoir une majoration de 10%, sans qu'un accord au niveau de la branche puisse l'interdire. La règle des 25 et 50% n'est plus que supplétive, c'est à dire qu'elle s'applique seulement quand il n'y a pas d'accord d'entreprise.

La liste des droits pour lesquels les dispositions de la loi ne s'appliqueront que s'il n'y a pas d'accord d'entreprise est longue.

1- Temps de travail

La loi El Khomri qui a largement détricoté la durée légale du travail ne suffit visiblement pas car le gouvernement souhaite encore s'y attaquer dans ces ordonnances.

Le travail de nuit est notamment mentionné. On se souvient que le gouvernement avait essayé d'augmenter la durée maximale du travail de nuit et été contraint de reculer l'année dernière. Il pourrait donc cette année:

  •  augmenter les durées maximum de travail de nuit
  •  Supprimer les contreparties obligatoires en matière de repos et de rémunération
  •  Modifier la définition du travail de nuit, qui correspond aujourd'hui au travail effectué entre 21h et 6h du matin. Demain, cette plage horaire pourrait être raccourcie.

 

Exemple : Aujourd'hui tout travail effectué au cours d'une période d'au moins 9 heures consécutives comprenant l'intervalle entre minuit et 5 heures est considéré comme du travail de nuit. Il s'agit d'une disposition d'ordre public. A défaut d'accord particulier, c'est entre 21h et 6 heures. Avec les ordonnances, cette période pourrait être raccourcie par un accord d'entreprise entre minuit et 5 heures par exemple. Par conséquent le nombre d'heures majorées pour le salarié serait plus faible.

 Le télétravail est également ciblé. Alors que les syndicats viennent de forcer le patronat à signer un document prévoyant une négociation interprofessionnelle encadrant le télétravail, les ordonnances pourraient autoriser les entreprises à définir elles-mêmes l'ensemble des droits des télétravailleurs. Grâce à l’accord signé en 2005 par l’ensemble des syndicats, le télétravail est encadré dans la loi, qui impose par exemple à l’employeur de prendre à sa charge les équipements de travail. Le document issu de la concertation qui vient de s’achever prévoit de renforcer ces protections, par exemple en matière d’accident de travail. C’est une priorité pour l’UGICT-CGT, étant donné que les ingés, cadres et tech sont de plus en plus nombreux à opter pour le télétravail. C’est le résultat de cette laborieuse négociation que mettrait à bas les ordonnances.

On se souvient que l’année dernière, le gouvernement voulait autoriser à fractionner les 11h de repos obligatoire, ciblant directement les ingés, cadres et tech, nombreux à être au forfait jour. Cette disposition pourrait être réintroduite dans les ordonnances.

La durée légale du travail n'est rappelée à aucun endroit du document. L'exposé des motifs se contente de lister comme dispositions relevant de l’ordre public que le Smic, l'égalité professionnelle et les seuils d’expositions au risques (matières, charges, températures…). Le gouvernement ne prendra toutefois probablement pas le risque politique de s'attaquer au symbole des 35h. Il peut toutefois amplifier la loi El Khomri et permettre aux entreprises de définir le taux de rémunération et le seuil de déclenchement des heures sup (35h, 39h...), avec la possibilité de descendre en dessous des 10% de majoration...ce qui reviendrait à supprimer dans les faits la durée légale du travail.

Rien n'empêche non plus le gouvernement de légiférer pour généraliser le travail du dimanche comme il avait commencé à le faire dans la loi Macron de 2015.

2- Le contrat de travail

Ce sujet n'a absolument pas été évoqué dans la campagne électorale, ni été débattu. Le projet autorise le gouvernement à modifier de fond en comble les règles légales régissant le contrat de travail en les renvoyant à l'accord d'entreprise. Très laconique, il se contente d'identifier 2 cibles :

Le recours aux CDI et CDD :

Aujourd'hui, le code du travail énumère limitativement les cas de recours aux CDD qui sont d'ordre public (remplacement, surcroit temporaire d'activité, CDD d'usage, activité saisonnière), c'est à dire qu'un accord ne peut ajouter de nouveaux cas de recours.

Avec ses ordonnances, le gouvernement pourrait permettre par accord d'entreprise :

  • de créer de nouveaux cas de recours au CDD ;
  • de modifier ou supprimer la durée maximale d'un CDD et le nombre de renouvellement (18 mois et 3 renouvellements aujourd'hui) ;
  • ou encore de modifier le montant de l'indemnité de précarité (10%).
  • Les "conditions et conséquences" de la rupture du CDI.

Un employeur doit justifier d'une cause réelle et sérieuse pour procéder à un licenciement (licenciement économique, motif disciplinaire, inaptitude physique, etc.). Il doit par ailleurs respecter une procédure, qui implique une convocation à un entretien préalable, une lettre indiquant les motifs de licenciement, la possibilité pour le salarié de se faire assister par un syndicat... Il doit enfin respecter un préavis et verser une indemnité de licenciement. 

Ces éléments sont aujourd'hui définis par la loi. Le gouvernement pourrait renvoyer l'ensemble de ces dispositions à l'accord d'entreprise. Il pourrait également permettre de prédéfinir des motifs de licenciement soit dans le contrat de travail, soit dans un simple accord d'entreprise, revendications de longue date du MEDEF.

3- La santé et la sécurité

Cette partie du code du travail, fondamentale pour les salariés, définit l'ensemble des protections des salariés en matière de santé et de sécurité. Le projet de loi est très laconique, et se limite à dire que les seuils d'exposition aux risques (matières dangereuses, charges, températures…) devraient rester définis dans la loi. En l'état de sa formulation, ce projet pourrait permettre au Gouvernement de transférer à la négociation d'entreprise des éléments essentiels tels que :

-       le droit d'alerte des représentants du personnel et droit de retrait des salariés confrontés à un danger grave et imminent (comme les Risques psychosociaux, les risques industriels, les violences sexuelles…). Cette disposition est particulièrement grave pour les ingés, cadres et tech, qui souvent, du fait de leurs responsabilités, sont les premiers informés de ces risques. Ceci fragiliserait considérablement le début de statut pour les lanceurs d’alerte que nous venons d’arracher !

  • l'information et la formation des salariés,
  • la protection des mineurs de moins de 18 ans,
  • les obligations relatives aux équipements de sécurité,
  • l'organisation des locaux de travail (fenêtres, vestiaires, …),
  • les modalités de prévention contre des risques spécifiques (chimiques, biologiques, sonores, …),
  • le document unique d'évaluation des risques professionnels.

Il est particulièrement grave que le Gouvernement ait souhaité se réserver la possibilité de transférer ces éléments à la négociation collective sans expliciter ses intentions. La santé des salarié-es n'est pas négociable !

4- Le salaire

Sur les salaires, au-delà des dangers réels de dumping que fait courir la décentralisation de la négociation salaire, il y a au moins 2 risques importants :

  • On a constaté pendant la crise que l’on négociait moins les salaires dans l’entreprise et que les augmentations étaient très faibles. Néanmoins, les salaires réels ont progressé en France même pendant ces années de crise, essentiellement grâce aux accords salariaux de branches qui ont automatiquement fait augmenter les salaires. Ce résultat est aussi le fruit de la couverture conventionnelle avec 96% des salariés en France qui sont couverts par un accord de branche grâce au droit à l’extension. Renvoyer la négociation salaire dans l’entreprise c’est à coup sûr baisser le niveau général des salaires réels.

    Un article des Echos explique parfaitement ce mécanisme avec cet exemple : entre 2009-2012 (au cœur de la crise systémique) : lorsque l’augmentation de salaire est de 1% dans la branche, la hausse à court terme du salaire moyen de base est supérieure de 0,12% à ce qu’elle aurait dû être s il n'y avait pas eu d’augmentation conventionnelle de branche.

    En clair le vœu du Medef est exaucé, cela permettra de geler voire de baisser les salaires
     
  • Le salaire conventionnel est le salaire de référence d’un niveau de classification. Ne plus négocier le salaire au niveau de la branche revient à avoir des grilles de classifications sans salaires qui leur correspondent. Cela revient à affaiblir considérablement les grilles de classification et la reconnaissance des qualifications.

    Les exonérations de cotisations sociales sur les bas salaires tirent déjà les salaires vers le bas, avec un tassement de la reconnaissance de la qualif et une absence de déroulé de carrière qui frappe particulièrement les ingés cadres tech, et notamment les jeunes diplômé-es. Avec cette disposition, la seule augmentation annuelle de salaire sera (et c’est de plus en plus hypothétique) celle du SMIC. C’est la négation totale de la qualification.

5- L’emploi

Le projet de loi d’habilitation prévoit également d’élargir le champ de la négociation d’entreprise aux dispositions du titre 2 du livre 1er de la 5e partie du code du travail relatif à la sauvegarde et au maintien de l’emploi.

Ces dispositions concernent pourtant, pour l’essentiel des aides et dispositifs mis en place par l’Etat (aide au développement de l’emploi et des compétences, aide à l'élaboration d'un plan de gestion prévisionnelle des emplois et des compétences, aide aux actions de formation pour l'adaptation des salariés, contrat de génération, …).

Cependant, certains droits importants des salariés peuvent également être attaqués.
L’ordonnance peut prévoir que la part du salaire perçue par les salariés lorsque leur employeur les place en chômage partiel est négociée dans chaque entreprise.
Elle peut également permettre de revenir sur les droits des salariés dans le cadre des accords de maintien de l’emploi.

Ces accords, créés par la loi de sécurisation de l’emploi de 2013 permettent, en cas de « difficultés économiques conjoncturelles » d’imposer aux salariés des modifications de la durée du travail, ainsi que de la rémunération, sous peine d’être licencié.

La CGT avait dès l’origine dénoncé les risques de dumping social et les chantages à l’emploi.

Les ordonnances risquent de revenir sur les maigres garanties dont bénéficient les salariés :

  • Impossibilité de diminuer la rémunération en dessous de 120% du minimum conventionnel ;
  • Obligation de prévoir des efforts des dirigeants et actionnaires ;
  • Impossibilité de prévoir une durée dépassant 5 ans ; …

 

Ordonnance 2 : le plafonnement des indemnités en cas de licenciement abusif

Pour la 3e fois, Emmanuel Macron essaie de faire adopter cette disposition contre l'avis de l'ensemble des organisations syndicales. Il s'agit, en cas de condamnation d'un employeur par les prudhommes pour licenciement abusif, de limiter le montant des dommages et intérêts versés au salarié. Initialement prévue dans la loi macron de 2015, elle a été rétorquée par le conseil constitutionnel. Avec quelques modifications de forme, elle a été glissée en 2016 dans la loi El Khomri, puis retirée, face à la mobilisation. Aujourd'hui, la condamnation est adaptée au préjudice subi, et le juge tient compte de l'ancienneté, la durée du chômage, la situation de famille et le nombre d'enfants à charge, l'âge, etc.

Le projet d’habilitation ne donne aucune information sur le montant des plafonds retenus, mais on se souvient que ceux retenus l'année dernière dans la première version de la loi El Khomri étaient particulièrement faibles (plafonds inférieurs aux condamnations moyennes). En outre, le gouvernement avait parlé d’instaurer des condamnations forfaitaires, indépendamment du salaire du salarié concerné, ce qui aurait particulièrement ciblé les ingés cadres et techs, et tiré le montant des condamnations vers le bas.     

Pourquoi tant d'insistance ? Parce qu'il s'agit de la clé de voûte du code du travail. D'une part, le plafonnement les condamnations en cas de licenciement abusif permet aux employeurs de le provisionner, et de se donner les moyens sans aucun risque de condamnation de licencier un-e salarié sans motif. Le but est de permettre à l'employeur de choisir entre le respect du droit du travail et le risque d'une condamnation d'un montant maximum prédéfini. Côté salarié, c'est le règne de l'arbitraire.  Comment réclamer le paiement de ses heures sup ou remettre en cause une directive si du jour au lendemain on peut, sans motif, être mis à la porte ? Au prétexte de leurs responsabilités professionnelles, la liberté d’expression des cadres est souvent remise en cause, là c’est le baillon !

 

Ordonnance 3 : Les referendum pour faciliter l'adoption d'accords d'entreprise

Pour généraliser les accords dérogatoires d'entreprise, il faut faciliter leur adoption. Pour cela, la loi El Khomri a inventé le référendum, permettant, quand un accord est refusé par les syndicats majoritaires, de le faire adopter par référendum auprès des salariés. Le 1er référendum organisé a confirmé les craintes de la Cgt. Initié à RTE, le référendum visait à faire adopter un recul des droits des agents de maintenance sur leurs astreintes et du travail le soir et le WE...en demandant leur avis à l'ensemble des salarié-es, dont la moitié (et notamment les ingés, cadres et tech) n'était pas concernée. Diviser pour mieux régner...Grâce à la mobilisation de la Cgt et au travail d'infos des cadres et agents de maîtrise que la direction voulait instrumentaliser, le référendum a été un échec. Ceci n'a été possible que grâce à la forte implantation syndicale, ce qui est loin d'être le cas partout...

Le gouvernement veut donc étendre le recours aux référendum. Jusque là réservé aux syndicats, il pourrait maintenant être lancé à l'initiative et dans les conditions décidées par l'employeur. Il y a fort à parier que les mises en opposition des salarié-es vont être maximum, avec le risque de faire exploser les collectifs de travail

 

Ordonnance 4- Redéfinir le rôle de l’accord de branche et réduire leur nombre

Grâce à la mobilisation contre la loi El Khomri, nous avons réussi à ce que la loi précise qu’il y a 6 sujets sur lesquels l’accord de branche prime forcément sur l’accord d’entreprise :

  • Les salaires
  • Les classifications
  • L’égalité professionnelle
  • La pénibilité
  • La formation professionnelle
  • La prévoyance

Réformer cette disposition par ordonnance a probablement pour objectif de supprimer tout ou partie de ces 6 domaines.

La loi El Khomri prévoit aussi la restructuration des branches professionnelles, pour en limiter le nombre. La CGT partage totalement cet objectif, la question c’est la méthode et les périmètres. La fusion aura-t-elle pour objectif de tirer les garanties conventionnelles vers le haut ou vers le bas ? En clair, fusionnera-t-on des branches avec un haut niveau de protection avec des branches de dumping, comme la branche Syntec ?

L’ordonnance pourrait viser à accélérer le chantier et réduire encore plus drastiquement le nombre de branches.

 

Ordonnance 5 : Le regroupement des instances représentatives, la disparition des CE, CHSCT et DP

Alors que la réforme de 2015 (loi Rebsamen) commence à peine à s'appliquer, le gouvernement remet le couvert pour réformer les instances de l'entreprise. L'objectif : fusionner le Comité d'Entreprise, le CHSCT et le Délégué du personnel dans une instance unique. Pourtant, plusieurs possibilités ont été introduites en 2015, et notamment

  • pour les entreprises de moins de 300, l'employeur peut mettre en place une délégation unique du personnel regroupant CE et DP
  • Dans les entreprises de plus de 300, par accord d'entreprise, l'employeur peut créer une instance unique

Le gouvernement veut aller encore plus loin (sans évaluation des réformes précédentes), ce qui pose plusieurs problèmes :

  • La remise en cause du rôle du CHSCT, qui, aujourd'hui, a une personnalité juridique qui lui permet d'aller en justice, de faire des enquêtes ou diligenter des expertises (par exemple sur les risques psycho sociaux, les violences sexuelles…) C’est ce qui a permis de faire annuler un plan social à la FNAC, du fait des risques psycho sociaux qu’il faisait courir aux salarié-es qui auraient vu leur charge de travail exploser
  • Le risque que les missions du CHSCT soient financées sur le budget du CE, amputant d'autant les moyens pour organiser une offre de culture et de loisir, la restauration...en particulier, le CHSCT peut demander des expertises sur la santé et la sécurité, financées par l'employeur. Le Medef cherche depuis longtemps, pour limiter le nombre d'expertises à les faire payer par le CE.
  • La baisse du nombre d'élu-es, et la suppression des instances de proximité, les DP et les CHSCT

L'existence d'une instance dédiée à la sécurité et à la santé au travail est primordiale pour forcer les employeurs à ce saisir de ces thématiques, et notamment des risques psycho sociaux qui, avec les burn out, explosent chez les ICT. 

Enfin, le gouvernement sort du chapeau, une mesure jamais annoncée ou débattue, la possibilité d'ajouter dans cette instance la négociation. Ce serait la rupture avec notre modèle historique de démocratie sociale dans l'entreprise, qui repose d'un côté sur des élu-es, disposant de droits d'information, de consultation, d'expertise et d'alerte, de l'autre sur des syndicats, qui seuls ont la capacité de négocier.

Pourquoi cette distinction? Pour adosser le droit à la négociation aux droits et protections syndicales, et ainsi garantir l'indépendance des négociateurs vis à vis de l'employeur. Depuis de longues années le Medef veut autoriser la négociation avec les élus sans étiquette.

 

Ordonnance 6 : Le renforcement des moyens du dialogue social

Il s’agit probablement d’une contrepartie destinée à faire avaler la pilule de tous les reculs précédents, mais le compte n’y est absolument pas. Le projet prévoit :

  • Une forme de chèque syndical, avec la possibilité par le salarié d’apport des ressources financées par l’employeur au syndicat de son choix, sur le modèle de ce qui existe à Axa
  • Un renforcement de la formation des élu-es, et des mesures (non précisées), pour reconnaître celui-ci dans les carrières et lutter contre la discrimination syndicale. La CGT porte de nombreuses propositions sur le sujet, rendues publiques à l’occasion de l’action de groupe contre les discriminations syndicales à Safran. Pas de réponse là-dessus pour l’instant…

Les grands absents, les salarié-es des petites entreprises dans lesquels il n’y a souvent ni représent-es du personnels, ni syndicats. Pourtant, la CGT porte une proposition simple pour garantir une représentation à tous les salarié-es des entreprises de moins de 50

 

Ordonnance 7 : Conseils d’Administration

Au lieu de généraliser les administrateurs salariés, d'augmenter leur nombre et leurs prérogatives pour se rapprocher des pays d'Europe du Nord, on se limite à des mesures "incitatives". Sachant que le patronat refuse obstinément de partager les orientations et décisions stratégiques, une simple incitation ne permettra pas d'aller bien loin.

La CGT et son UGICT font de nombreuses propositions pour définanciariser l’entreprise et renforcer les moyens d’intervention des représentants du personnel et des cadres sur les orientations stratégiques. Visiblement, Emmanuel Macron ne les a pas lues…

 

Ordonnance 8 : réforme de l’assurance chômage

Le gouvernement s’était engagé auprès des syndicats que la réforme de l’assurance chômage ne se ferait pas par ordonnance, visiblement les arbitrages ne sont pas si clairs. Les éléments annoncés sur l’assurance chômage et la formation professionnelle sont les suivants :

  • L’ouverture du système aux indépendants et aux salarié-s après une démission, le renforcement du contrôle des chômeurs
  • La gestion tripartite du système (actuellement géré uniquement par les syndicats et le patronat) au prétexte que la dette du régime est actuellement garantie par l’Etat
  • Une réforme de son financement, avec suppression des cotisations chômage qui seraient remplacées par la CSG
  • L’utilisation des fonds de la formation professionnelle pour financer la formation des demandeurs d’emploi, la fin du paritarisme de sa gestion

Cette réforme d’ensemble pose plusieurs questions :

  • Quels financements supplémentaires pour l’ouverture de l’assurance chômage aux indépendant-es ? En effet, une telle réforme, pour constituer un progrès, suppose la mobilisation de ressources supplémentaires conséquentes. Or le régime est actuellement déficitaire, et le programme d’Emmanuel Macron prévoit de diminuer les dépenses de l’assurance chômage d’un quart en cinq ans. La menace est alors que le Président finance sa réforme par une baisse massive des droits au chômage pour les salariés déjà couverts. Pourtant, la CGT propose de longue date des mesures de financement, comme le déplafonnement des cotisations et des allocations qui permettrait de dégager 800 millions de ressources supplémentaires chaque année.
  • Le changement de financement et de gouvernement du régime, avec l’abandon d’un système de cotisation sociale, induit un changement total de conception pour les droits. Actuellement, le régime est contributif, avec des salarié-es qui cotisent et perçoivent des allocations proportionnelles à leur salaire antérieur ; ce système est assortit à des mesures de répartition pour augmenter les allocations des salarié-es les plus précaires. Le caractère contributif du régime est ce qui garantit l’adhésion de toutes et tous au régime : les ICT étant moins fréquemment au chômage, leurs cotisations financent largement le système et permettent d’assurer une meilleure protection à toutes et tous. En contrepartie l’assurance chômage assure aux ICT un niveau d’allocation leur permettant de maintenir en partie leur niveau de vie, le temps de retrouver un emploi correspondant à leur niveau de qualification. C’est ce système de solidarité qui construit l’attachement commun de l’ensemble des salariés à l’assurance chômage et évite que les plus aisés cherchent à le contourner pour se tourner vers des systèmes non solidaires de capitalisation. Financer le régime par la CSG à la place des cotisations induit un changement de modèle : si le système n’est plus contributif, mais financé par tous, le lien entre salaire et prestation pourrait être remis en cause au moins en partie. L’UGICT-CGT est particulièrement inquiète par cet aspect, qui risque de servir de prétexte à un alignement vers le bas du montant et de la durée des allocations, avec la pénalisation directe des ingénieurs cadres et techniciens.
  • La répartition des richesses. Aujourd’hui, les cotisations chômage sont financées à 2/3 par la part dite employeur et 1/3 par la part dite salariale. La CSG elle est un impôt, qui repose essentiellement sur les salarié-es et ne taxe que marginalement le capital. L’augmentation de la CSG proposée par Emmanuel Macron pénalisera directement les retraité-es (et notamment les Ingés, cadres et tech retraités, Emmanuel Macron ayant annoncé que les retraité-es les plus modestes seraient exonéré-es), l’assurance chômage n’étant financée aujourd’hui que par les actifs.
  • Le maintien de la formation professionnelle des salarié-es.15% des fonds de la formation professionnelle, financée par les cotisations salariales et patronales profitent actuellement à la formation des privé-es d’emploi. Augmenter, comme veut le faire Emmanuel Macron, la part dévolue à la formation des demandeurs d’emploi sans augmenter son financement pose plusieurs questions :
    • Cela s’inscrit dans le prolongement des plans de formation des chômeurs de François Hollande (« plan000 »), qui à force d’objectifs chiffrés, génèrent de nombreuses formations « bidon ». Surtout, ce n’est pas la formation qui crée de l’emploi ! La formation facilite le retour à l’emploi, mais une majorité de chômeurs reste sans emploi à l’issue de sa formation
    • C’est « déshabiller Pierre pour habiller Paul», et baisser la formation des salarié-es qui est déjà très insuffisante pour faire face à l’évolution nécessaire des qualifications notamment à la révolution numérique. C’est donc une mesure à courte vue, qui menace l’emploi et la compétitivité à moyen long terme des entreprises. Ce type de mesure repose sur un discours stigmatisant les Ingés, Cadres et Techs, qui sont les salarié-es qui profitent aujourd’hui le plus de la formation professionnelle. Au lieu de diminuer la formation des ICT, et plus généralement des salarié-es, pour redéployer vers les privé-es d’emploi, il faut augmenter le financement de la formation professionnelle par les entreprises qui baisse depuis des années ! S’il est indispensable de permettre une réelle formation des privés d’emploi, la formation en direction des salariés en emploi doit également être améliorée et augmentée.
  • La fin du paritarisme, et la gestion directe du régime par l’Etat. Le recul de la démocratie sociale a déjà conduit à confier à l’Etat la gestion de la Sécurité sociale, faisant ainsi reculer la couverture  solidaire des salariés au profit des complémentaires santés et assurances privées. Alors que l’assurance chômage et la formation professionnelle sont deux éléments essentiels de la gestion paritaire, il ne faut pas leur faire suivre le même chemin

 

 

 

 

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Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

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Publié le 5 Septembre 2017

Mardi 12 septembre 2017 : toutes et tous en grève et à la manifestation 14h30 à NIMES devant la maison carré

Mardi 12 septembre 2017 : toutes et tous en grève et à la manifestation 14h30 à NIMES devant la maison carré

 

Ensemble, manifestons le 12 septembre
Contre la politique gouvernementale, pour gagner de nouvelles
conquêtes sociales, tous en grève et en manifestation !
Il avait annoncé la couleur et ses premières décisions l’ont confirmé : Macron est bien le Président qui veut prendre aux pauvres pour donner aux riches.
La première mesure phare qu’il veut mettre en oeuvre dans l’urgence ? Ce sont les « ordonnances » pour casser le Code du travail. Il veut les prendre pendant l’été, au mépris du débat démocratique.
Les effets attendus ? Une plus grande facilité pour licencier, pour baisser les salaires, pour empêcher les salariés de se défendre, bref pour créer du travail bon marché et jetable.
Il ne s’arrêtera pas là : Macron veut aussi augmenter la CSG, ce qui aurait pour effet notable de baisser le pouvoir d’achat des retraités. Il attaque les également notre droit à la retraite : il veut tenter d’imposer une retraite « par points » dès 2018. Son principe ? On sait combien on cotise, on ne sait pas combien on touchera !
Il s’en prend aussi aux fonctionnaires, désignés une fois encore comme les boucs-émissaires des déficits publics. Réduire leur nombre de 120.000 ? Mais lesquels ? Et qui fera leur travail ? Va-t-on encore fermer des hôpitaux ? Va-t-on refuser plus de bacheliers à l’Université ?
La baisse des aides au logement ? 800.000 étudiants vont être frappés de plein fouet. Et 60% du total de ces allocations sont versés à des personnes qui vivent en dessous du seuil de pauvreté.
Tout cela doit être fait… pour notre bien à tous ! Car tout le monde sait bien « qu’il faut baisser les déficits » et « réduire les dépenses publiques » pour mieux se porter, qu’il faut pouvoir licencier facilement pour résorber le chômage, qu’il faut baisser les allocations logements pour faire baisser les loyers ou qu’il
faut retarder l’heure du départ à la retraite… pour permettre aux jeunes de trouver du travail ! Macron serait donc un homme courageux qui ne veut nous faire du mal que pour notre bien.
Mais s’il faut baisser les déficits, pourquoi annonce-t-il dans le même temps une baisse de l’impôt sur la fortune ou sur les valeurs mobilières ? Pourquoi des économistes reconnus calculent-ils que ces « réformes » vont bénéficier principalement aux 1% les plus riches ? Quelles mesures prend-il, dans l’urgence, contre l’évasion fiscale ?
Pourquoi consolider, en le transformant, le CICE qui a déjà coûté beaucoup d’argent, qui va en coûter encore plus, pour « créer des emplois », alors que le patron du MEDEF lui-même est incapable de nous dire combien d’emplois ce dispositif a déjà créés ?
Une démocratie foulée aux pieds, un libéralisme autoritaire qui s’installe au bénéfice des plus riches et au détriment des plus pauvres, est-ce vraiment ce que nous voulons ?
Ensemble, nous devons dire NON à cette formidable régression que Macron prépare. Salariés du secteur privé, fonctionnaires, retraités, étudiants ou chômeurs : nous qui ne vivons ni de nos rentes ni de nos dividendes, nous devons nous battre ensemble. C’est le seul moyen de stopper le rouleau compresseur qui s’apprête à écraser nos droits, au profit des plus riches.
Ensemble, disons non à la politique libérale de Macron et de son
gouvernement !

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Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #NEWS CGT

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