Sinistralité au travail, les inégalités entre hommes et femmes persistent

Publié le 5 Janvier 2019

Sinistralité au travail, les inégalités entre hommes et femmes persistent

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15 ans d'évolution de la sinistralité au travail en France

 

 les inégalités entre hommes et femmes persistent
 

Depuis 2012, l'ANACT actualise chaque année une analyse des accidents du travail, de trajet et des maladies professionnelles pour les hommes et les femmes, réalisée à partir des données de sinistralité de la Caisse nationale de l’Assurance-maladie (CNAM).

 

 

Cette étude quantitative met en lumière l’évolution sur 15 ans (entre 2001 et 2016) des écarts entre hommes et femmes en matière de santé au travail en France. 

L'étude réalisée par l'ANACT met en évidence les différences méconnues d’évolution de la sinistralité au travail selon le sexe. La baisse globale des accidents du travail depuis 2001 masque ainsi la progression des accidents du travail pour les femmes.

Par ailleurs, les accidents de trajet, en baisse pour les hommes depuis 2001, sont en hausse pour les femmes.

 

 

 

Si la progression des maladies professionnelles concerne tant les hommes que les femmes, elle est deux fois plus rapide pour celles-ci depuis 2001.

 

D’autre part, l’analyse par branches d’activité montre que les écarts d’évolution de la sinistralité pour lhommes et femmes, sont plus importants dans les secteurs mixtes ou à prédominance féminine en croissance d’effectifs.

 

La baisse globale des accidents de travail avec arrêt depuis 2001 masque la hausse significative des accidents du travail pour les femmes.


En 2016, les accidents du travail, déclarés et reconnus, concernaient deux fois plus les hommes que les femmes. Les accidents du travail avec arrêt ont nettement plus touché les hommes (64 %) que les femmes (36 %).

 

Pourtant, si les accidents du travail avec arrêt, déclarés et reconnus, ont globalement baissé entre 2001 et 2016, ils ont progressé pour les femmes. En 15 ans, ils ont augmenté de 30,5 % pour les femmes tandis qu'ils ont baissé de 29 % pour les hommes.

 

Les accidents de trajet avec arrêt en baisse pour les hommes, en progression pour les femmes depuis 2001

 


Depuis 2001, le nombre d’accidents de trajet, déclarés et reconnus, a diminué pour les hommes et a progressé pour les femmes. Entre 2001 et 2016, ils ont baissé de 13,3 % pour les hommes et augmenté de 18,6 % pour les femmes.

 

En 2016, le nombre d’accidents de trajet des femmes a légèrement dépassé celui des hommes aujourd’hui. Ils concernent un peu plus les femmes (54 %) que les hommes (46 %).

 

Les maladies professionnelles reconnues progressent près de deux fois plus rapidement sur cette période pour les femmes que pour les hommes.

 


Les maladies professionnelles, déclarées et reconnues, ont fortement augmenté (+ 101,3 %) pour les hommes et les femmes depuis 2001. Pour les hommes, on constate également une augmentation des maladies professionnelles (+ 71,5 %), sur la même période, moins forte que pour les femmes (+ 145,2 %).

 

Les maladies professionnelles, déclarées et reconnues, concernent quasiment autant les hommes (51 %) que les femmes (49 %).

 

Les branches d'activités les plus « accidentogènes » en 2016

 

En 2016, les services, la santé, l'action sociale, le nettoyage, le travail temporaire et les services, commerces et industries de l’alimentation ont continué d'enregistrer le plus d’accidents de travail avec arrêt pour les femmes.

 

Le BTP et les industries des transports, de l'eau, du gaz et de l'électricité ont comptabilisé le plus d’accidents du travail avec arrêt pour les hommes.

 

En 2016, les deux branches d’activités concentrant le plus d’accidents de trajet concernant des femmes étaient les services, la santé, le nettoyage, le travail temporaire et les secteurs de la banque, les assurances et les administrations.

 

 

Pour les hommes, c'étaient les secteurs des services, commerces et industries de l’alimentation et ceux de la santé, de l'action sociale, du nettoyage et le travail temporaire qui comptaient le plus d’accidents de trajet.

 

En 2016, les branches d’activités totalisant le plus de maladies professionnelles pour les femmes étaient encore les services, les commerces et industries de l'alimentation ainsi que les services, la santé, l'action sociale, le nettoyage et le travail temporaire. Pour les hommes, c'étaient les secteurs du BTP et de la métallurgie.

 

  • Prendre en compte les conditions d’exposition différenciées des hommes et des femmes

 


Hommes et femmes ne sont pas répartis également selon les branches d’activités : certaines sont à prédominance féminine, d'autres à prédominance masculine et d'autres encore sont mixtes.

 

Ainsi, les activités de services, de santé, du nettoyage et du travail temporaire (branche I) recouvrent la plus grande croissance d’effectif et on y observe le plus grand écart entre les tendances d’évolution de la sinistralité pour hommes et femmes.

 

 

Au-delà des secteurs, il existe aussi une répartition sexuée des emplois ; pour un même emploi, il peut exister une répartition sexuée des activités.

 

L’ANACT émet l’hypothèse que, depuis 2001, les femmes occupent des postes dont les activités sont exposées à des risques insuffisamment identifiés et reconnus, d’autant plus pour les secteurs à prédominance féminine.

Une telle hypothèse réinterroge alors la capacité d’adaptation et d’efficacité des politiques d’évaluation et de prévention des risques puisqu’elles ne s’adressent pas aux femmes dans leurs emplois alors que c’est le cas pour les hommes.

 

La prise en compte des conditions d’exposition différenciées des hommes et des femmes permet alors de progresser dans l’évaluation et la prévention des risques professionnels.

 

En mobilisant ce regard différencié sur les situations de travail des hommes et des femmes, les politiques de santé et de sécurité au travail pourraient faire progresser la prévention de la sinistralité pour tous à travers des pistes d'action préconisées dans la « photographie statistique des accidents de travail, des accidents de trajet et des maladies professionnelles en France selon le sexe entre 2001 et 2016 » réalisée par l'ANACT.

 

 

 

 

Sourcing: ANACT

Sinistralité au travail, les inégalités entre hommes et femmes persistent

L’explosion du Burn-out


Les chiffres ont de quoi donner le tournis. Selon le cabinet d'expert Technologia cité ici, près de 3,2 millions de Français seraient en risque élevé de burn-out. Derrière cet anglicisme (qui signifie littéralement "griller"), se cache un syndrome d’épuisement professionnel plongeant le travailleur dans un état dépressif, l’empêchant de mener ses tâches à bien, pouvant l’amener à une incapacité totale de travailler sur une période plus ou moins longue.

 

"Ce que l’on voit aujourd’hui dans nos cabinets, ce sont des effondrements somatiques, des AVC, des battements à moins de 40 pulsations. Nous n’en sommes plus seulement à des pathologies psychiques, mais à des épuisements physiques, raconte la psychologue Marie Pezé, l’une des pionnières sur le sujet. On assiste à une véritable aggravation de la santé des salariés français."

 

Un constat alarmant qui a conduit certains députés à proposer en février dernier (2018) la reconnaissance du burn-out en maladie professionnelle. Ceci faisait également parti des projets électoraux de certains candidats à la présidentielle de mai 2017;

 

Sans succès à ce jour.

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #Droit des salariés, #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #Info Nationale Syndicat CGT CSC

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