Société Marseille : la colère des salariés de Carrefour Samedi 10/02/2018 à 15H26 Marseille

Publié le 12 Février 2018

 Société Marseille : la colère des salariés de Carrefour Samedi 10/02/2018 à 15H26 Marseille
 
Hier, sur un appel à la grève de la CGT, les salariés des Carrefour marché se sont mobilisés contre "le plan Bompard" qui prévoit notamment une sortie des "petits" magasins du groupe. Daniel Beloumou
 
 

Hier matin, les salariés de Carrefour Contact, sur le boulevard National (3e) avaient sorti les écharpes et les chasubles, rouge colère. Les annonces d'Alexandre Bompard, PDG du groupe, ont du mal à passer. Le patron de Carrefour avait annoncé le 23 janvier la suppression de 2400 postes du siège et la sortie du groupe de 273 magasins Contact marché (ex Dia). Cette dernière a jeté plus qu'un coup de froid derrière les caisses des magasins. À Marseille, ce plan concerne une centaine de salariés sur six magasins : Saint-Antoine (15e), Le Merlan (14e), Sainte-Marthe (14e), Crimée (3e), Jeanne-d'Arc et boulevard National (3e).

Et c'est justement devant ce dernier, que la CGT avait appelé à la grève, hier matin. Un débrayage de quelques heures pour informer les clients et les passants. "Il faut juste regarder la liste des magasins concernés, explique Ouigni Athoumani délégué syndical CGT de Carrefour Proxi. À la base, ici, dans ces quartiers populaires, on était dans une logique discount. Et puis, le groupe a voulu changer de stratégie. Les ex Dia/ED sont devenus des "petits" Carrefour avec l'espoir de voir la clientèle évoluer. Et bien c'est tout l'inverse qui s'est produit. La clientèle populaire s'est éloignée et l'autre n'est jamais venue ! La stratégie n'a pas fonctionné et ce sont les salariés qui sont condamnés. Et forcément, les habitants des quartiers, aussi."

Depuis qu'il a été créé en 2016, le concept des Carrefour marché était à la peine. Entre deux distributions de tracts, la trentaine de salariés mobilisés devant l'entrée du boulevard National insistent : il s'agit maintenant de penser à l'avenir. "L'ambition de la direction est claire : si elle ne retrouve pas de repreneur pour ces magasins concernés par le plan, ils seront fermés. Et les salariés ? C'est encore très flou", explique le délégué central de la CGT.

"Pourquoi ne pas ressembler au leader ?"

En attendant l'ouverture des négociations lundi, le syndicat a déjà prévenu : "La CGT ne fera pas partie des discussions. Car nous ne demandons qu'une chose : l'arrêt de ce plan de cession/fermeture et la mise en place d'un concept commercial copié sur celui du leader du discount : Lidl", reprend la syndiquée Saliha Benzerrouk. "Cette enseigne crée des emplois et ouvre des magasins. Pourquoi ne pas ressembler au leader ?" interroge le tract du syndicat.

Hier, les clients matinaux ont observé la déambulation musicale et bon enfant des grévistes dans le magasin. Mais certains se lamentent déjà. "Ce ne sera pas la première fois qu'on voit les enseignes disparaître dans le quartier. On n'intéresse pas grand monde ! Moi, j'habite un peu plus haut, je ne viens pas faire mes grosses provisions mais ce magasin me dépanne bien. Et il est ouvert le dimanche", insiste Lisette.

Une fois le porte-voix posé, Ouigni Athoumani, retourne dans les rayons de Carrefour marché, au 147 rue de Crimée. "La proximité est importante. Et dans ces quartiers, plus qu'ailleurs".

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #CGT carrefour contre le plan bompard

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