Les salariés de Carrefour market-La Souterraine redoutent de perdre plus de 30% de leur revenu

Publié le 12 Février 2018

Les salariés de Carrefour market-La Souterraine redoutent de perdre plus de  30% de leur revenu
La rumeur d’un changement de statut juridique du supermarché Carrefour market  de La Souterraine (Creuse), synonyme de baisse de revenus et de « déclassement », a provoqué un débrayage samedi matin.  La rumeur n'a pas été confirmée par le groupe Carrefour. Selon la CGT , la " désintégration" des hyper et supermarchés les moins rentables se précise. 

Fin janvier, le PDG de Carrefour, Alexandre Bompard, a rendu public le plan de redressement du premier groupe de distribution français. Ce plan comprenait essentiellement la cession des ex-magasins Dia (273 en France) et le passage de plusieurs hypermarchés en location-gérance, dont celui de Montluçon (Allier). Le couperet a apparemment épargné la Creuse.

Dans les magasins et dans les comités d’entreprises du groupe, d’autres informations circulent. C’est la crainte d’un changement de statut de leur magasin, entraînant une modification de leur contrat de travail, qui a poussé des salariés du Carrefour market de La Souterraine à débrayer par un froid glacial, samedi matin durant deux heures, devant leur magasin.

« Les chiffres ne sont pas bons. À La Souterraine, la concurrence est devenue trop rude au fil des années : en plus du Leclerc, on a désormais face à nous trois enseignes de hard-discount (1 ».

Séverine Peix (Représentante du personnel CGT)


Ce mouvement, organisé à l’initiative de la CGT, et soutenu d’ailleurs par des syndicalistes de l’union locale CGT de La Souterraine, a concerné une dizaine de salariés sur les 54 que compte ce « gros supermarché ».

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Séverine Peix, représentante du personnel à Carrefour market La Souterraine en est convaincue : « Les chiffres ne sont pas bons. À La Souterraine, la concurrence est devenue trop rude au fil des années : en plus du Leclerc, on a désormais face à nous trois enseignes de hard-discount (1) ».

Hichame Ghazi, élu CGT de Bourganeuf, qui siège au comité d’entreprise de la région centre de Carrefour, confirme les craintes de ses collègues sostraniens : « A terme, le groupe va se défaire de tous les Carrefour Market qui ne font pas dix millions d’euros de chiffre d’affaires. Celui de La Souterraine fait 12,5 millions d’euros de CA par an, mais, c’est en vérité un petit hyper qui devrait faire 15 millions d’euros de CA ».

Les salariés de Carrefour market-La Souterraine redoutent de perdre plus de  30% de leur revenu

Le modèle économique historique de l’enseigne Carrefour, qui est celui de l’intégration des magasins et des salariés dans une entité commune,  est progressivement remis en cause : « Au niveau de la région qui couvre tout le centre de la France, les magasins franchisés sont désormais majoritaires par rapport aux intégrés », explique Hichame Ghazi.

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Interrogée, la direction de Carrefour dément « tout projet de cession ou de location-gérance », concernant le magasin de La Souterraine.

Est-ce que cela suffira à éteindre la rumeur ?

 

« On perd l’intéressement, la participation, les primes vacances, les tickets restos… ça représente environ 5.000 euros de perte par an pour un salarié à plein-temps »,

Les salariés de Carrefour savent parfaitement ce qui les attend si leur magasin sort du mode « intégré ».
« On perd l’intéressement, la participation, les primes vacances, les tickets restos… ça représente environ 5.000 euros de perte par an pour un salarié à plein-temps », évalue Hichame Ghazi. Soit plus d’un tiers du revenu et un salaire ramené au plancher de la convention collective : 1.150 euros par ans.
Plus d’encadrement, plus de comité d’entreprise, le lot commun en somme de la plupart des salariés de la grande distribution : « On constate que dans les magasins qui sont passés en gérance, les rapports avec la direction deviennent très durs », estime le représentant creusois de la CGT.

Plusieurs statuts dans le département

En Creuse, coexistent plusieurs situations : un hypermarché Carrefour de taille modeste à Guéret et un maillage de supermarchés Carrefour market (qui ont souvent pris la suite de l’enseigne Champion). Aubusson, Bourganeuf, voire Boussac tireraient leur épingle du jeu en terme de chiffre d’affaires, du fait d’une concurrence « raisonnable » ou faible. Celui de Gouzon est franchisé à 100 %, tandis que Carrefour market Guéret connaît déjà une forme de location-gérance : « le groupe Carrefour garde la main avec 70 % des parts, tandis qu’un gérant en a 30 % ». 
 

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #CGT carrefour contre le plan bompard

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