Carrefour : les craintes des salariés Vaulx-en-Velin - social

Publié le 16 Février 2018

Lancée par les syndicats début février, la Semaine de la colère est une réaction au plan Bompard et ses 2 400 suppressions de postes. Reportage ce jeudi matin, aux Sept-Chemins.

Une syndicaliste et une cliente depuis trente ans : « Bien sûr que je signe cette pétition ! ». Photo Monique DESGOUTTES-ROUBY Une syndicaliste et une cliente depuis 30 ans : « bien sûr que je signe cette pétition! ».  Photo Monique Desgouttes-Rouby

Une syndicaliste et une cliente depuis trente ans : « Bien sûr que je signe cette pétition ! ». Photo Monique DESGOUTTES-ROUBY Une syndicaliste et une cliente depuis 30 ans : « bien sûr que je signe cette pétition! ». Photo Monique Desgouttes-Rouby

Ce jeudi 15 février, à l’ouverture du magasin, les représentants syndicaux (CGT) des Carrefour de l’agglomération lyonnaise étaient présents aux Sept-Chemins. Cette action avait deux objectifs : mobiliser les salariés de l’entreprise et sensibiliser clients et commerces environnants sur les conséquences du plan Bompard.

Pour Isabelle Raset, déléguée de l’union locale CGT de Vaulx-en-Velin : « Aux Sept-Chemins, on nous dit de ne pas s’inquiéter, mais l’avenir est déjà incertain pour trois salariées de la station essence qui va être robotisée et trois autres de la comptabilité. Nous avons des inquiétudes sur la cession des rayons non-alimentaires à des partenaires du groupe Carrefour. Que deviendront les salariés de ces rayons ? Toutes ces questions vont bien au-delà des 2 400 suppressions au siège de Massy. Le plan Bompard laisse des zones d’ombre et l’absence de réponses de la direction ne nous rassure pas ».

De nombreux clients ont signé la pétition

Selon les syndicalistes, la revente ou la fermeture des ex-magasins Dia menacerait aussi 2 100 postes auxquels pourraient s’ajouter 1 000 emplois dans les stations essence et les pools comptabilité. Attentifs à ces informations, de nombreux clients ont signé la pétition comme Josiane Blanc, une fidèle de trente ans : « C’est terrible cette impression d’être un instrument dans les mains des gros. Ils ne pensent qu’au fric, alors qu’on diminue nos retraites. Ils n’ont donc rien à faire des gens ? » Dans la galerie marchande, le coiffeur Maxime Laudey s’inquiète aussi : « J’ai le sentiment d’une fuite en avant. Il y a trop de concurrence à proximité, notre centre commercial perd son attractivité. Les projets de nouveaux centres pleuvent, alors qu’internet attire de plus en plus les consommateurs. Avant les années 2000, les commerçants de la galerie marchande des Sept-Chemins étaient indépendants à 70 %, puis ces espaces ont été rachetés par de grands groupes qui ont fait exploser les loyers. Aujourd’hui, partout, ce sont les mêmes enseignes, les mêmes boutiques à longueur d’allées ! On court au désastre et moi, j’emploie 8 salariés ! ». Pour les employés de Carrefour « Il faut évoluer, c’est vrai. Mais restructurer n’est pas liquider. »

Vaulx-en-Velin - Carrefour-syndicat - La direction nationale veut rassurer

Consciente « de l’inquiétude des salariés après l’annonce du plan de suppression de 2 400 postes », la direction nationale veut rassurer : « Carrefour n’est pas actuellement en phase de licenciement. Nous sommes actuellement dans la recherche de solutions pour les ex-magasins Dia. Grâce au plan de sauvegarde de l’emploi (PSE), nous aimerions pouvoir recaser 50 % de ces salariés au sein du groupe Carrefour. Pour une éventuelle reprise du non-alimentaire par Darty ou la Fnac, la négociation est en cours, nous ne pouvons préjuger de son issue. Cependant, soyez assurés que nous ferons le maximum pour protéger nos emplois. Pour le moment les suppressions prévues au siège de Massy se négocient sur la base des départs volontaires. ».

De notre correspondante Monique Desgouttes-Rouby

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #CGT carrefour contre le plan bompard

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