Carrefour. Le groupe annonce la suppression de 2 400 postes

Publié le 23 Janvier 2018

2 400 postes vont être supprimés au siège français de Carrefour via un plan de départs volontaires. Le groupe l’a fait savoir ce mardi 23 janvier. Cette suppression s’inscrit dans le cadre d’un « plan de transformation » porté par Alexandre Bompard, arrivé cet été à la tête de ce géant de la grande distribution. Un plan de sauvegarde de l'emploi (PSE) a également été annoncé pour la moitié de 2 100 salariés des ex-magasins Dia, dont le groupe va se séparer.

Alexandre Bompard tranche. L’ancien président de la Fnac, arrivé cet été à la tête de Carrefour, a dévoilé, ce mardi 23 janvier, les détails de son « plan de transformation » pour permettre au groupe français de rester dans le haut du panier de la grande distribution. Parmi les mesures annoncées : la suppression de 2 400 postes via un plan de départs volontaires. Les sites du siège français sont concernés en priorité. « En Île-de-France, les sites de siège seront rationalisés, ce qui implique la fermeture du siège de Boulogne et l’abandon du projet de construction d’un nouveau siège de 30 000 m² en Essonne », écrit le groupe dans son communiqué.

L'État sera « vigilant sur l'accompagnement de chaque salarié »

Du côté des syndicats, on évoquait jusqu’ici des chiffres allant de 1 200 suppressions d’emploi à quelque 10 000. Ils sont convoqués vendredi pour un comité de groupe Carrefour France extraordinaire.

L’enseigne a aussi annoncé une réduction des coûts de deux milliards d’euros dès 2020, notamment via des économies sur la logistique et les coûts de structure. Mais aussi un projet de réduction de 273 magasins anciennement Dia mais passés sous sa propre enseigne. Sur ce point, un processus de recherche de repreneurs sera lancé pour ces magasins. Ils seront fermés si le processus n’aboutit pas. Carrefour favorisera une offre de reclassement, précise le groupe. L'« ambition » du groupe est de pouvoir faire des « offres attractives de reclassement » à la moitié de ces 2 100 salariés et de trouver des repreneurs pour ces magasins, a souligné Alexandre Bompard. 

De son côté, le gouvernement a réagi par la voix de Bruno Le Maire, le ministre de l'Économie, qui a rencontré le nouveau PDG de Carrefour. Il assure que l'État sera « vigilant sur l'accompagnement de chaque salarié concerné par le plan ».

Accélérer dans le bio et s’allier aux Chinois

Carrefour a également fait part de son intention d’accélérer dans le bio, ainsi que le commerce en ligne et de proximité. Il s’est fixé un objectif de 5 milliards d’euros de chiffre d’affaires dans le commerce en ligne alimentaire et une part de marché supérieure à 20 % en France d’ici à 2022. Dans le bio, il veut presque quadrupler son chiffre d’affaires à 5 milliards d’euros en 2022, et ouvrir au moins 2 000 magasins de proximité dans les cinq prochaines années. L’enseigne promet « un soutien financier et durable à la conversion au bio d’agriculteurs », par un partenariat avec l’organisation mondiale de protection de l’environnement WWF.

Enfin, Carrefour veut s’allier davantage avec la Chine. Le géant de l’internet chinois Tencent et la chaîne de supermarchés chinoise Yonghui s’apprêtent à entrer au capital de la filiale de groupe en Chine, selon un accord préliminaire signé entre les trois partenaires. Carrefour annonce qu’il restera néanmoins le premier actionnaire de sa filiale en Chine. Parallèlement, Carrefour et Tencent annoncent la signature d’un « protocole d’accord de coopération stratégique en Chine », l’objectif étant de mettre en commun l’expertise de Carrefour dans la distribution avec le savoir-faire technologique de Tencent.

Avec 12 300 magasins sous enseigne dans le monde et 374 478 collaborateurs, dont 115 000 en France, Carrefour, qui était encore en 2001 n° 2 mondial du secteur derrière l’intouchable groupe américain Wal-Mart, occupe désormais la 9e place. Il a notamment été dépassé par Amazon (6e), selon le baromètre annuel du cabinet Deloitte.

L’hypermarché traditionnel « est au cœur du cyclone »

 

Pour Philippe Moati, coprésident de l’Observatoire Société et Consommation (L’ObSoCo), Alexandre Bompard doit relever deux défis de taille : « gérer l’héritage » des hypermarchés, issus de la précédente révolution commerciale, celle des années 1960, et leur « apporter les nouveautés » de l’ère numérique, afin d’entrer « dans le commerce du XXIe siècle ».

Le format de l’hypermarché, emblématique des années 1960-1970, « est au cœur du cyclone », renchérit Philippe Moati, pour qui « l’une des portes de sortie serait (d’en) réduire la voilure ». « On commence désormais à voir des signes de faiblesse sur l’alimentaire, car d’autres formats se sont développés plus en phase avec les attentes des consommateurs », telles les enseignes de proximité, qui ont le vent en poupe, analyse l’expert. Les hypermarchés, qui subissent des critiques sur leurs « valeurs », voient leurs clients se tourner vers des réseaux bios et alternatifs, les circuits courts, les petits commerçants de quartier. « On assiste à une vraie fuite hors du système », souligne Philippe Moati.

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #CGT carrefour contre le plan bompard

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