LE PETIT CHEF DANS NOTRE MONDE DU TRAVAIL

Publié le 6 Septembre 2017

LE PETIT CHEF DANS NOTRE MONDE DU TRAVAIL

 

Votre chef est-il un "petit chef" ou "chefaillon"

 

Nous devons ce terme de « petit chef » à l’armée. Ceux qui étaient appelés ainsi, étaient en général les « petits gradés » qui croyaient acquérir; le respect de leurs subordonnés par la crainte, et celui de leurs supérieurs par le zèle; en étant le plus pointilleux possible.

Malheureusement les petits chefs sont désormais présents partout, on a même l’impression que tout est fait pour favoriser leur essor dans certaines entreprises. Dans certaines boîtes on les appelle des chefaillons.

Il est intéressant d’étudier ce qu’est un petit chef car il est potentiellement très dangereux pour l’entreprise. Il est souvent adepte du harcèlement et ses pratiques peuvent avoir des conséquences néfastes sur la motivation de ses subordonnés et donc sur la productivité de l’entreprise. Les dirigeants d’entreprise auraient donc tout intérêt à les identifier le plus rapidement possible.

Je vous propose ici une définition du petit chef en me reposant sur des observations que j’ai pu faire dans les entreprises où j’ai travaillées.

 

Le petit chef est incompétent : soit il est un excellent technicien qui a été promu pour cette raison, au détriment de son incompétence managériale. Soit il est tout simplement nul dans son travail mais c’est lui qu’on fait monter en grade, car ses collègues compétents sont bien trops productifs à leur poste pour le quitter.

 

Le petit chef est spécialiste en tout : Il préférera soutenir que la Terre est plate, plutôt que de reconnaître qu’une équipe est constituée de compétences complémentaires et donc d’admettre qu’un de ses subordonnés peut mieux maîtriser un sujet que lui. C’est une caractéristique que le célèbre déssinateur Cabu a mis en exergue dans son personnage du « beauf ».

 

Le petit chef est avare de compliments : il n’a pas compris ce que n’importe quel coach sportif sait : « tu n’obtiendras aucun résultat de quelqu'un sans lui apporter de la confiance en lui ». Etant donné qu’il est souvent moyennement compétent, il est plus facile pour lui de tirer les collaborateurs vers lui en les rabaissant plutôt que de s’élever au moins à leur niveau.

 

Le petit chef maîtrise le « flou artistique » : Si pour une raison X ou Y, le travail fourni par le subordonné ne correspond pas aux besoins de l’entreprise, pas de soucis, le petit chef n’aura qu’à expliquer que c’est son gars qui n’a pas suivi les directives ou qui ne comprend rien. Pour cela le petit chef donne des objectifs « ésotériques » à la Nostradamus à interprétations multiples.

 

Le petit chef est zélé et mesquin : autant il ne voit pas ce qui va, mais il ne manquera pas de vous faire remarquer que vous êtes arrivés ce matin à 08h10 au lieu de 08h00, même si ce n’est pas dans vos habitudes.

 

Le petit chef n’a pas d’empathie mais il essaie d’en avoir un peu : Il se fichera éperdument que vous soyez arrivés en retard à cause d’une grève des transports ou d’intempéries. Par contre il cherchera à se montrer grand seigneur en vous présentant des condoléances fleuves si vous êtes en deuil. Comme le petit chef n’a pas d’empathie, il ne saura pas faire et rouvrira des plaies à grands coups de violons plutôt que de vous réchauffer le cœur.

 

Le petit chef divise pour mieux régner : Il sait casser du sucre dans le dos de tout le monde, ce qui est source de tensions. Il se comporte aussi de manière visiblement injuste avec les différents membres de son équipe.

 

Le petit chef n’est jamais responsable des fautes : Si une boulette est commise dans son service, ce sera de la faute du lampiste de service (le lampiste est un terme venant des cheminots qui désigne l’archétype de l’employé le plus humble, qui est toujours désigné responsable des pires catastrophes).

 

Le petit chef aime les lauriers : si un collaborateur lui propose une bonne idée, soit il commencera par dire que c’est nul et l’appliquera en douce quelques mois plus tard en la prenant à son compte. Soit il laissera le collaborateur faire, si c’est une réussite il dira que c’était son idée, s’il échoue il dira bien sûr je l’avais dit.

 

Le petit chef est jaloux : il préféra torpiller un projet innovant profitable à l’ensemble de l’entreprise, si l’auteur du projet peut lui faire de l’ombre.

 

Le petit chef monte en grade : vu qu’il est difficile de promouvoir les salariés bons dans leur poste en raison de la difficulté de les remplacer, on préférera promouvoir les petits chefs facilement remplaçables.

 

Le petit chef est dangereux : ses pratiques frôlent souvent les limites du harcèlement, voir les dépassent.

 

Le petit chef connait Caliméro: si un petit chef est détecté et sanctionné pour dégradation des conditions de travail, il ne se remettra pas en question et pensera que ce qui lui arrive est vraiment trop injuste.

 

Le petit chef est une sorte d’idiot utile : le petit chef est persuadé qu’il doit son poste à ses capacités de manager, cependant, malgré que ses piètres performances en ce domaine soient connues de l'ensemble de l'entreprise, il peut être très utile pour la direction. En effet comme le petit chef est souvent détesté il peut servir de bouclier en cas de conflits sociaux, la rage des salariés se catalysant en priorité vers les petits chefs.

 

 

Rédigé par SYNDICAT CGT LOGISTIQUE CARREFOUR SUPPLY CHAIN

Publié dans #INFORMATIONS SITE DE CSC SAINT GILLES, #NEWS CGT

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